Chemin de Saint-Guilhem : 13 jours de randonnée itinérante

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  • Post last modified:28 novembre 2020
Chemin de Saint-Guilhem : 13 jours de randonnée itinérante

En septembre 2020, nous sommes parties marcher pendant 13 jours pour découvrir le Chemin de Saint-Guilhem, une randonnée itinérante de 243 kilomètres environ traversant quatre départements occitans : la Lozère, l’Aveyron, le Gard et l’Hérault. Nous avons eu la chance de réaliser ce projet avec Helloways et Décathlon dans le cadre d’une bourse d’expédition pour laquelle nous avons été sélectionnées. Nous allons, dans cet article, vous raconter cette aventure qui nous a fait traverser des paysages aussi divers qu’incroyables, dormir en bivouac, en gîte et même à la belle étoile, et au cours de laquelle nous avons pu entendre l’impressionnant brame du cerf pour la première fois.

Sommaire
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Informations pratiques du Chemin de Saint-Guilhem

  • Type : Linéaire
  • Niveau : Moyen
  • Durée estimée : 12 ou 13 jours
  • Distance : 243 km
  • Dénivelé positif cumulé : 5700 m
  • Dénivelé négatif cumulé : 6630 m
  • Tracé GPX : Retrouvez le topo-guide et la trace GPX sur le site Helloways (écrit par nos soins)
  • Accès : le départ et l’arrivée sont desservis par des bus. Connexions notamment possibles depuis Montpellier, Millau et Clermond-Ferrand.
  • Informations complémentaires : Le Chemin de Saint-Guilhem empreinte 6 GR (GR 65, GR 6, GR 60, GR 62, GR 7 et GR 74) et 1 GRP (GRP Tour du Causse Méjean)

Préparation pour faire le Chemin de Saint-Guilhem sereinement

Le Chemin de Saint-Guilhem est une randonnée accessible, mais qui demande un minimum de ressources physiques et logistiques. Si la randonnée ne comporte pas de difficultés majeures, il faut tout de même prendre en compte que ce sont 243 km de marche avec quelques portions difficiles en ce qui concerne le dénivelé.

Préparation physique pour une randonnée itinérante de 13 jours

Pour faire cette randonnée, pas besoin d’être un sportif aguerri ou un randonneur hebdomadaire, mais il faut tout de même être en bonne condition physique en règle générale et, à minima, penser à se préparer physiquement quelques semaines avant le départ.

Pour cela, il n’y a pas de miracle. Il faut dédier du temps et de l’énergie chaque semaine pour sa préparation. Si vous ne savez pas par où commencer, nous pouvons vous conseiller de lire notre article « Préparation physique pour ses premières randonnées en montagne« . Le Chemin de Saint-Guilhem n’a aucune portion de montagne comme on imaginerait dans les Alpes ou les Pyrénées, mais certains segments de l’itinéraire sont tout de même en zones classées de « moyenne montagne » dans la région.

Vous pouvez également retrouver tout un système d’entrainement dans notre livre « Premiers Réflexes spécial Trekking » paru aux éditions Vagnon.

Préparation logistique

En ce qui concerne la préparation logistique de votre randonnée, il y a plusieurs points à gérer avant le départ.

Tout d’abord, il s’agit de bien vous renseigner, grâce à un topo (par exemple le topo officiel d’Helloways disponible sur leur site web), sur le nombre d’étapes, la longueur de chacune et définir si elles vous conviennent où si vous avez besoin de les adapter pour votre propre rythme de marche.

Vérifiez où se trouvent les hébergements, si ceux-ci proposent des formules en demi-pension ou non, et réservez à l’avance (pas forcément des semaines ou des mois non plus), surtout dans les endroits où vous passerez au cours d’un week-end.

Si vous avez besoin de vous ravitailler, prenez le temps de bien repérer les endroits où il y a des épiceries et notez surtout les horaires et jours d’ouverture de celles-ci. Le chemin de St-Guilhem traverse principalement des villages donc les épiceries ont souvent des horaires de villages.

Vérifiez la météo régulièrement avant votre départ et même pendant votre randonnée. Le Chemin de Saint-Guilhem se trouve en zone de basse et moyenne montagne, la météo peut donc changer rapidement. Soyez particulièrement vigilant en ce qui concerne les fortes chaleurs en été et les épisodes cévenols qui commencent à l’automne avec de forts orages.

Budget pour le Chemin de Saint-Guilhem

Nous ne pouvons pas vous donner un budget exact pour faire le Chemin de Saint-Guilhem étant donné que nous avons fait beaucoup de bivouac sur les 13 jours de marche et que cela ne coûte rien. Le plus sûr serait de vous renseigner auprès des hébergements lorsque vous préparez votre randonnée. Avant de réservez, appelez-les, demandez leurs prix et faites un budget prévisionnel.

Pour vous donner une petite idée, nous allons tout de même vous apporter les informations sur nos dépenses pour faire ce trek. Les prix donnés sont toujours pour deux personnes, pensez à les diviser par deux, si vous voulez avoir une référence pour une seule personne.

Les transports :
– Bus Millau -> Aumont-Aubrac = 33,80€
– Bus Saint-Guilhem-le-Désert -> Gignac = 3,20€
– Bus Gignac – Millau = 4€

Logements :
Nous avons dormis dans trois campings pour un total de 33€.
Nous avons dormis dans trois gîtes au cours du Chemin de St-Guilhem + le Refuge CAF de Saint-Guilhem-le-Désert à l’arrivée pour un total de : 157,60€.
*Info complémentaire : nous avions pris un forfait demi-pension pour un des gîtes au cours de la randonnée, le prix est donc en conséquence de cette option.

Alimentation :
Ravitaillements : 125,39€ en se ravitaillant dans les épiceries et boulangeries des villages que nous traversions et en ayant une alimentation simple.
Restaurant : 28€ pour deux aligots à l’Auberge du Radal, au col du Trébatut, le petit plaisir en quittant les plateaux de l’Aubrac.

Notre budget total pour 13 jours de marche : 384,99€.

Faire le Chemin de Saint-Guilhem en bivouac ou gîtes d’étape ?

Nous ne recommandons pas de faire le Chemin de Saint-Guilhem entièrement en bivouac. La première raison est qu’il est très difficile de le faire à cause des nombreux terrains privés et champs de pâturage, la seconde raison met en cause l’impraticabilité de certaines zones (trop de caillasses partout, terrains en très forte pente, etc.). Si vous souhaitez tout de même faire certaines portions en bivouac, renseignez-vous bien à l’avance, étudiez le terrain, repérez des zones qui vous semblent accessibles tout en gardant en tête qu’il faudra sans doute s’adapter chaque jour (les joies du bivouac 🙂). Nous avons trouvé la deuxième moitié de la randonnée particulièrement très compliquée pour bivouaquer.

Il est aussi possible d’alterner entre bivouac en pleine nature et campings. Le chemin est parsemé de camping mais, malheureusement, certains ne sont ouverts qu’en juillet et août, ce qui est très embêtant lorsqu’on veut éviter les fortes chaleurs et la haute saison touristique. C’est notamment le cas sur la deuxième moitié du parcours qui cumulent terrains compliqués pour le bivouac ET campings très peu ouverts. Renseignez-vous bien avant de partir et appeler chaque camping la veille pour vous assurer qu’ils soient bien ouverts. Nous avons eu la mauvaise surprise de nous casser les dents sur un camping normalement ouvert mais qui, une fois sur place, était fermé pour problème technique…

L’autre option est de faire cette randonnée itinérante en gîtes d’étapes, ce qui facilite bien des choses (moins de poids à transporter dans le sac et l’assurance d’une bonne nuit au chaud). L’itinéraire est bien fourni en hébergements, notamment si vous suivez les étapes classiques du parcours.

L’équipement pour faire le Chemin de Saint-Guilhem

Ayant fait ce trek en collaboration avec Helloways et Décathlon, nous avons pu tester du matériel Quechua et Forclaz et ainsi compléter notre équipement de trekking.

Pour une randonnée de 13 jours, nous avons bien entendu géré le poids de notre sac à dos au gramme près et nous avons réparti les charges de manière à porter le même poids chacune. Nous avions donc 14 kilos sur le dos chacune, cela comprenant les 2 litres d’eau (quand notre poche à eau était pleine), de la nourriture pour 2 ou 3 jours systématiquement et notre matériel photo (ce qui ne devrait donc pas être pris en compte par tout le monde, soit environ 4kg). Bien sûr la quantité en eau et en nourriture variait quotidiennement en lien avec notre consommation.

Voilà la liste complète de ce que nous avions comme matériel pour réaliser le Chemin de Saint-Guilhem (hors matériel pro photo et vidéo).

Bien vivre sa randonnée itinérante

Bien vivre sa randonnée itinérante, c’est bien sûr une bonne préparation, la base, mais aussi une bonne gestion sur le terrain. Une randonnée itinérante demande une très grande capacité d’adaptation, car il est fréquent que les choses ne se passent pas comme on l’avait prévu et que nous ayons donc des surprises à gérer une fois sur place puisque nous ne sommes pas en conditions réelles lorsque nous nous préparons.

Gérer l’eau et la nourriture sur le Chemin de Saint-Guilhem

Tout au long de l’itinéraire du Chemin de Saint-Guilhem, nous suivons des GR ou GRP et nous traversons des villages. Les tracés ont été faits par la FFRandonnée de manière à passer devant des points d’eau publics dans de nombreux villages et hameaux, il est donc impossible de manquer d’eau si vous gérez bien vos approvisionnements.

Notre astuce : télécharger l’application mobile maps.me et charger les cartes des départements où passe l’itinéraire. Vous pourrez ainsi repérer où se trouvent les points d’eau à disposition dans les villages traversés, identifiables par une goutte d’eau sur l’application, pour être sûr.e.s de ne pas les louper. Cette application fonctionne hors ligne, c’est-à-dire sans avoir besoin d’internet ni de gps ! 🙂

En ce qui concerne la nourriture, le Chemin de Saint-Guilhem commence par suivre le Chemin de Compostelle les deux premiers jours ce qui fait qu’il y a toujours des épiceries pour se ravitailler facilement. À partir du moment où l’on quitte le Chemin de Compostelle, après Saint-Chély-d’Aubrac, il est important de repérer les épiceries accessibles le long de l’itinéraire et des heures et jours d’ouverture pour ne pas se casser les dents sur une épicerie fermée (quoi que cela puisse quand même arriver dans les villages).

Notez qu‘il a plusieurs étapes où vous ne croiserez aucune épicerie pour vous ravitailler. C’est notamment le cas sur les étapes entre Saint-Chély-d’Aubrac et Radal où il n’y a pas de possibilité de ravitaillement si vous bivouaquez à moins de manger au refuge des Rajas. Sur les derniers jours du trek, Montdardier sera votre dernier lieu pour trouver une épicerie. Vous n’aurez ensuite plus de ravitaillement possible jusqu’à la fin, à part les deux gîtes d’étape en chemin si vous y dormez.

Il faut savoir également qu’il n’est pas toujours facile de trouver des aliments très adaptés à la randonnée dans ces épiceries. On y trouve surtout des boites de conserves, pâtes ou riz longue cuisson et autres aliments dans le genre. Il faut donc apprendre à jouer d’ingéniosité et de stratégie pour choisir des aliments qui ne soient pas trop lourds, ni encombrants et qui soient suffisamment bénéfiques pour le corps. Manger du pain et du fromage tout le temps à ses limites. Dans tous les cas, si vous êtes en bivouac, soyez prévoyants et partez avec quelques plats lyophilisés de secours, ce que nous avons fait. L’avantage des plats lyophilisés sont d’être bien pensés en terme d’apport nutritionnel pour l’effort fourni et représente un rapport poids/encombrement vraiment pratique.

Si vous faites cette randonnée en demi-pension en dormant dans des gîtes d’étapes, vous aurez toujours le petit-déjeuner et le repas du soir inclus. Vous n’aurez plus qu’à gérer vos pique-niques pour les midis, ce qui rend l’organisation et le poids du sac à porter bien plus facile.

L’hygiène pour 13 jours de trek avec bivouacs

En ce qui concerne l’hygiène sur le Chemin de Saint-Guilhem, il très facile de réussir à alterner entre le bivouac, avec une hygiène rudimentaire, et une option de nuitée avec douche. Non seulement il y a des campings quasiment tout au long du chemin donc vous pourrez y louer un emplacement et utiliser les sanitaires, mais vous pourrez également passer quelques nuits en gîtes, ce qui vous permettra de vous reposer dans un bon lit, de cuisiner ou être en demi-pension et de vous laver normalement. Dans tous les cas, vous vous rendrez vite compte qu’en randonnée itinérante, on peut facilement passer plusieurs jours sans prendre de douche sans pour autant que ce soit gênant.

⚠️ Information : prévoyez une petite serviette microfibre pour faire votre toilette dans les gîtes et les campings ainsi qu’un gant microfibre pour la toilette de chat les jours où vous serez en bivouac si vous vous sentez de vous lancer dans cette aventure.

Récit de notre randonnée sur le Chemin de Saint-Guilhem étape par étape

Nous avons fait le sentier original du Chemin de Saint-Guilhem, sans prendre de variantes. Nous sommes parties d’Aumont-Aubrac, où nous sommes arrivées en bus depuis Millau et nous avons terminé (comme tout le monde 😉) à Saint-Guilhem-le-Désert. Pour quitter le village, nous avons pris deux bus. Le premier pour nous rendre à Gignac puis le second de Gignac à Millau. En ce qui concerne les déplacements pour nous rendre sur le lieu du départ et quitter le lieu d’arriver de la randonnée, nous avons vraiment trouvé l’organisation simple et les bus relativement fréquents pour partir de/et rejoindre Millau avec sérénité. Bien sûr, nous avions pris le temps en amont de la randonnée de faire les recherches nécessaires pour cela.

Nous avons randonné 13 jours sur le Chemin de Saint-Guilhem mais, initialement, nous avions prévu de marcher 14 jours. Notre idée était de faire trois petites journées pour les trois premières étapes et de rallonger un peu plus chaque jour par la suite. Dans l’idée, c’est ce que nous avons fait, mais deux plus grosses journées non prévues nous ont fait raccourcir notre randonnée d’une journée.

Étape 1 : Départ d’Aumont-Aubrac jusqu’au plateau de l’Aubrac

Nous sommes parties du village d’Aumon-Aubrac en tout début d’après-midi, juste après notre arrivée depuis Millau. Nous avions prévu de marcher une douzaine de kilomètres ce premier jour et de trouver un spot pour notre premier bivouac. Nous avons donc planté nos sardines sur le bord du sentier de randonnée, à côté d’un champ où se trouvaient quelques vaches et leurs veaux. Nous avons eu droit à un superbe coucher de soleil sur le plateau de l’Aubrac, le premier d’une longue série au cours de cette randonnée.

Cette journée nous a fait traverser plusieurs hameaux par des petites routes de campagne calme puis nous nous sommes ensuite engouffrées dans les hautes herbes pour faire nos premiers pas sur le fameux plateau de l’Aubrac.

Étape 2 : De notre premier spot bivouac à Nasbinals

Traversée des pâturages du plateau de l’Aubrac

Le réveil matinal était légèrement frais ce premier matin, nous avons donc pris notre courage à deux mains pour sortir de nos duvets dans lesquels nous étions vraiment bien. Au départ de notre spot, nous avons entamé notre traversée du plateau de l’Aubrac. C’est lors de cette seconde journée que nous avons vraiment eu l’impression de plonger dans les paysages incroyables de l’Aubrac.

Petite pause au Roc des loups pour une vue à 360°

En chemin, après avoir traversé bons nombres de pâturages, nous arrivons au Roc des loups où une vue à 360° incroyable s’offre devant nos yeux sur les étendues arides de l’Aubrac. Nous continuons notre chemin sur l’autre versant jusqu’à arriver au pont en pierre de Marchastel qui enjambe la rivière du Bès. Nous prenons le temps d’admirer la vue sur les tourbières de part et d’autre de ce pont.

Ravitaillement à Nasbinal avant de poser notre camp

Nous avons rejoint la jolie petite ville de Nasbinals où nous nous sommes ravitaillées en eau et en nourriture avant de continuer notre chemin sur quelques kilomètres pour retrouver un second spot de bivouac pour cette deuxième nuit sur le chemin. C’est encore sur un magnifique coucher de soleil que nous clôturerons cette belle journée.

Étape 3 : De Nasbinals à Saint-Chély-d’Aubrac

Départ aux aurores à travers le plateau de l’Aubrac

Une troisième très belle journée s’annonçait sur le plateau de l’Aubrac. Nous avons quitté notre spot de bivouac relativement tôt, comme la veille, et nous avons pris la route à travers les pâturages de l’Aubrac avec les vaches toujours à nos côtés. Encore une fois, les paysages rencontrés sont vraiment incroyables. En chemin, nous avons traversé le village d’Aubrac (commune de Saint-Chéy-d’Aubrac) où nous avons appris que la formation géologique des plateaux de la région date d’il y a 8 millions d’années ! Ce sont des volcans et des glaciers qui ont façonné ces paysages vallonnés et parsemés de roches volcaniques, bien avant que l’Homme n’arrive pour y mettre sa patte. Saviez-vous également que les 17 km entre Nasbinals et Saint-Chély-d’Aubac sont inscrits sur la Liste du Patrimoine de l’Humanité au titre du Bien « Les Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France » ?

Première nuit en camping à Saint-Chély-d’Aubrac

À Saint-Chély-d’Aubrac, nous avons passé la nuit au camping du village et nous avons pu nous ravitailler en nourriture pour les prochains jours en sachant que nous allions être loin de tout pendant les prochaines 48 heures environ. Cette nuit au camping aura également été l’occasion de rencontrer des randonneurs de Compostelle avec qui nous avons passé une très bonne soirée. C’est aussi ça les joies de la randonnée : du partage et des rencontres éphémères mais pleines de vie.

Étape 4 : De Saint-Chély-d’Aubrac jusqu’au refuge des Rajas

Les premiers dénivelés apparaissent jusqu’à la forêt domaniale d’Aubrac

Au départ de Saint-Chély-d’Aubrac, nous quittons le Chemin de Compostelle que nous suivons depuis le premier jour. C’est alors que nous avons rencontré notre première petite difficulté avec une belle montée de 6 km qui se termine quand nous entrons dans la forêt domaniale d’Aubrac. Nous avons traversé tranquillement cette belle forêt sur plusieurs kilomètres.

Les paysages arides et à perte de vue du plateau de l’Aubrac

Nous avons ensuite longé la Réserve biologique dirigée des Tourbières de l’Aubrac avant de rejoindre une portion de route serpentant à travers les grandes étendues de pâturages arides. Ce tronçon de route sans ombre nous a semblé interminable alors que le soleil frappait fort en milieu de journée. Nous avons été soulagées de pouvoir faire une pause à l’ombre de quelques arbres avant de retourner à travers pâturages côtoyer nos nouvelles amies les vaches d’Aubrac. Nous avons ensuite rejoint le Refuge des Rajas, planté au milieu des pâturages, que nous avons dépassé pour trouver un spot pour notre troisième nuit en bivouac.

Un bivouac plein de rebondissement

Cette nuit-là a été bien plus mouvementée que les deux premières en bivouac. Nous avons dû nous installer dans une espèce de sas qui permet de rassembler les vaches, car il était impossible de planter la tente ailleurs. Cette endroit nous permettait d’être à l’abri du vent, en revanche, nous nous sentions particulièrement enfermées, sans parler de l’odeur de bouses de vache que nous respirions à plein nez et qui aura impregné notre tente pour plusieurs jours. Alors que nous venions de nous coucher, la nuit une fois bien tombée, nous avons commencé à entendre des hurlements de loups au loin. Comme nous captions la 4G, nous avons pu nous renseigner pour savoir d’où ils pouvaient provenir. Réponse : le parc des loups du Gévaudan était seulement à quelques kilomètres à vol d’oiseau de notre emplacement. Nous voilà rassurées.

Enfin, pour terminer, alors que nous étions sur le point de nous endormir, un véhicule arrive à toute vitesse et se gare (avec notre perception) brusquement face au sas où nous nous trouvions, les phares braqués sur nous. Pas rassurées de voir un véhicule face à nous, personne qui n’en sort, mais sans savoir s’ils nous avaient vues ou pas, car nous sommes camouflées, nous attendons un signe. Celui-ci se pointe lorsqu’un homme sort du véhicule, qui s’avère être un van, qu’il rote comme un porc, que sa copine sort juste après lui et qu’ils se mettent à discuter. Ils ne nous avaient absolument pas vues. Pfiou, quel début de nuit éprouvant.

Étape 5 : Des Rajas jusqu’à Banassac

Notre plus beau lever de soleil sur le plateau de l’Aubrac

Nous nous sommes levées très tôt pour partir rapidement ce qui nous a permis d’assister, ce matin-là, à un des plus beaux levers de soleil sur le Chemin de Saint-Guilhem ! Nous avons passé une bonne heure à observer le soleil se lever sur les pâturages recouverts d’un voile de brume avant de reprendre la route en direction de notre prochaine destination.

Arrivée dans les Grands Causses sur les traces de la Grande Draille du Languedoc

C’est ce jour-là que nous avons officiellement quitté le plateau de l’Aubrac pour rejoindre les Grands Causses en suivant la Grande Draille du Languedoc (d’anciens chemins de transhumance). Nous avons traversé une longue forêt qui nous a fait ressortir sur le Col du Trébatut pour ensuite faire un petit écart en chemin vers une table d’orientation perchée sur une colline. De-là, nous avons pu admirer les nouveaux paysages verdoyants des Causses qui se déroulent devant nos yeux et repérer au loin où notre randonnée nous mènera ensuite. Ce décor est très contrastant comparé aux champs arides de l’Aubrac que nous avons pris l’habitude de cotoyer ces derniers jours. C’est ensuite à l’Auberge du Radal que nous avons fait une petite pause pour y déguster le meilleur Aligot que nous avons mangé à ce jour.

Les maîtres mots d’une randonnée itinérante : adaptation et spontanéité

Cette étape s’annonçait très courte avec seulement une dizaine de kilomètre à parcourir. Ce n’était que le début d’après-midi lorsque nous avons commencé à chercher un spot de bivouac pour le soir. Les possibilités ne manquaient pas, mais réalisant que nous allions attendre bien trop longtemps avant de pouvoir planter notre camp, nous avons décidé, sur un coup de tête, de reprendre notre marche pour faire 5 km de plus et ainsi rejoindre le village de Saint-Germain-du-Teil puis Banassac où nous avons loué un emplacement au camping pour une nuit. Ce n’est franchement pas un camping dont on gardera un souvenir mémorable de par l’hygiène des sanitaires qui laissait à désirer. Il aura quand même eu le mérite qu’on puisse prendre une bonne douche et qu’on fasse un petit lavage de vêtement à la main.

Étape 6 : De Banassac jusqu’au hameau « Les Fons »

Matinée repos au camping avant de repartir

Cette matinée-là, nous avons pris notre temps au camping. Nous devions terminer de faire sécher la tente et les quelques vêtements que nous avions lavés la veille. Nous avions également une courte journée d’une dizaine de kilomètres qui nous attendait puisque nous avions prolongé la journée de la veille. Nous n’étions donc pas pressées. Nous avons finalement quitté le camping vers midi, après avoir mangé, et nous nous sommes arrêtées à l’Intermarché de Banassac pour acheter de quoi manger pour les repas suivants.

Découverte de la petite Venise de la Lozère : La Canourgue

Nous avons ensuite rejoint la petite ville de La Canourgue, aussi appelée la petite Venise de la Lozère, en rapport avec les canaux qui traversent la ville. Nous avons pris le temps de déambuler dans La Canourgue avant de nous lancer sur nos sentiers de randonnée jusqu’à notre prochain spot de bivouac. Nous avions rapidement trouvé un endroit intéressant pour nous poser après la montée qui part de la ville, mais, encore une fois, nous trouvions qu’il était trop tôt et nous ne voulions pas attendre tout l’après-midi. Nous avons donc une nouvelle fois continué à marcher, traversant une grande forêt par une piste.

Le pire ennemi du randonneur : la chasse

Nous avons fini par trouver un second spot intéressant et tranquille, à l’écart du passage, au bout d’un sentier en cul de sac donnant sur un champs et entouré par des forêts privées. Nous nous imaginons déjà profiter d’un superbe coucher de soleil sur la vallée lorsque seulement quelques minutes plus tard, alors que nous allions commencer à déballer notre tente, nous commençons à entendre les aboiements de plusieurs chiens de chasse et les cris, pas très intelligents, des chasseurs… Nous sommes un samedi soir de mi-septembre. Nous commençons à réfléchir à cent à l’heure. Qu’est-ce qu’on fait ? On reste ? On part ? La chasse est-elle déjà ouverte ? Y a-t-il un risque de se prendre une balle perdue le lendemain matin au petit réveil ? Notre tente est très discrète avec sa couleur verte olive foncée, ce qui est un avantage en temps normal mais pas face à des chasseurs qui ne pourraient pas nous voir et risqueraient de nous prendre pour un animal au moindre mouvement… Après quelques minutes d’hésitation, nous voyons une jeune biche passer en courant à quelques mètres de nous. Il ne nous en faut pas plus pour décider sans plus attendre de crisser notre camp, comme on dirait en Québécois.

Improvisation et adaptation : cette nuit se fera à la belle étoile

Nous reprenons donc la route à 18h en direction du hameau « Les Fons » où nous croisons des gens à qui nous demandons quand ouvre officiellement la chasse. « Demain matin ! », nous répondent-ils. Nous avons bien fait de partir ! Nous traversons le hameau et nous arrivons à une grande intersection de pistes où il est annoncé qu’il y a des patous, chiens gardiens de troupeaux, plus loin. Fatiguées, nous décidons de nous arrêter à cette intersection et de dormir à la belle étoile en se cachant en contre-haut du sentier. C’est donc avec une bonne dose d’adaptation que nous avons passé une belle nuit sous les étoiles, une de nos plus belles nuits sur le Chemin de Saint-Guilhem au final. Le ciel totalement dégagé ce soir-là nous aura offert un superbe spectacle d’étoiles filantes et de voie lactée. Un souvenir qui restera gravé dans nos mémoires.

Étape 7 : Des Fons jusqu’au village de Champerboux

Traversée du Causse de Sauveterre

Cette journée relativement courte et facile nous a permis de prendre notre temps sur le Causse de Sauveterre. Tant mieux, car nous étions tout de même fatiguées de la nuit à observer les étoiles. Comme chaque matin, nous avons rapidement rangé nos affaires et avons repris la route. Quelques minutes après le départ, nous avons croisé deux premiers patous qui nous ont longtemps, mais sans agressivité, aboyés dessus en nous suivant sur la piste.

⚠️ Les chiens gardiens de troupeaux nous préviennent qu’il ne faut pas aller sur leur territoire. Il faut impérativement rester calme, ne pas leur montrer plus d’intérêt que le simple fait de les avoir vus. Éloignez-vous d’eux, ne les chassez pas, ne les agressez pas pour ne pas les énerver et continuez d’avancer.

Première nuit en gîte d’étape au village typique lozérien de Champerboux

Le reste de la journée s’est bien déroulé et nous sommes arrivées tôt au village de Champerboux, un village typique lozérien avec d’incroyables toitures en lauze de calcaire. Nous avions réservé notre première nuit dans un gîte d’étape pour cette nuit-là, au Gîte Les Dolmens. Nous avons très bien été accueillies par Sophie et son gîte est magnifique, en plus de se trouver dans un cadre naturel incroyable ! Nous avons pu laver nos quelques affaires, faire une sieste, visiter le village et bien manger avant d’observer un superbe coucher de soleil sur les Causses et nous coucher tôt.

Étape 8 : De Champerboux à un spot bivouac avant Le Mas de Val

Départ matinal en direction du village médiéval de Sainte-Enimie

Nous avons été les premières à quitter le gîte au lever du soleil (l’habitude du bivouac sans doute) et nous avons pu profiter du soleil levant tout en marchant, ce qui était très agréable. Nous avons rapidement rejoint le village médiéval de Sainte-Enimie, sur les bords du Tarn. Un très joli village que nous avons pris le temps de visiter. Ses petites rues pavées et intimistes étaient superbes au lever du soleil.

Arrivée sur le Causse Méjean après une bonne montée

C’était la pause avant la difficulté, car en quittant le village, nous entamons directement une montée de 5 km particulièrement raide avant de retrouver le Causse Méjean. La difficulté de cette journée était accrue par la chaleur rude du mois de septembre, particulièrement une fois arrivées sur le Causse Méjean qui est très aride et désertique. Après une pause repas à l’ombre d’un des rares arbres trouvés au bon moment, nous avons continué de marcher jusqu’à trouver un spot de bivouac très sympathique au abord d’une forêt pour cette nouvelle nuit en autonomie.

Les surprises incroyables du bivouac : le brame du cerf

Alors que nous venons de nous coucher dans le calme de la nature environnante, des cris sourds et très spéciaux se font entendre au loin. Nous avions comme l’impression que ces cris étaient tout proches de nous par moment. Impossible de nous endormir sereinement sans savoir ce que c’est. Après quelques minutes, nous sortons dans la nuit pour essayer d’identifier et de repérer d’où provient ce son très particulier que nous n’avions jamais entendu auparavant. C’est un animal, nous n’avons plus de doute, plusieurs même. On énumère les différents animaux sauvages que nous connaissons pour éliminer une à une les possibilités. Il ne reste plus qu’une hypothèse : le cerf ! Ni une ni deux, nous cherchons sur internet à quoi ressemble le brame du cerf. BINGO ! Nous assistons à un superbe spectacle de brame de cerfs se trouvant dans les forêts environnantes. Nous n’aurons pas la chance de les voir mais ils nous berceront de leur puissant brame tout au long de la nuit. Une belle surprise que le bivouac a permis !

Étape 9 : Du Mas de Val jusqu’à Meyrueis

Traversée des vallons arides du Causse Méjean

Depuis notre spot de bivouac non loin du village de Mas-Saint-Chély et peu avant le Mas de Val, nous avons repris la route. Nous avons vraiment apprécié partir tôt ce matin-là, car la traversée du Causse Méjean pour rejoindre le village de Meyrueis est particulièrement rude quand il fait chaud comme ce jour-là. Il n’y a pas, ou très peu, d’arbres sur le Causse et la distance à parcourir, même si facile physiquement, l’est particulièrement moins moralement. Les vallons arides se succèdent les uns derrière les autres sans nous donner le moindre signe que nous avançons à bonne allure vers notre destination.

Découverte des Gorges de la Jonte et nuit au camping

Nous terminons notre étape par une superbe vue sur une partie des Gorges de la Jonte avec cette route serpentant à flanc de gorge puis nous entamons la descente vers Meyrueis. Nous sommes finalement arrivées au camping du village où nous avons passé la nuit pour pouvoir nous doucher et laver nos affaires sales. À Meyrueis, nous avons également pu nous ravitailler en nourriture, car il y a plusieurs épiceries et boulangeries dans le centre.

Étape 10 : De Meyrueis jusqu’à L’Espérou

Derniers pas en Lozère et entrée dans le Parc National des Cévennes

Depuis le village de Meyrueis, en ce dixième jour sur le Chemin de Saint-Guilhem, nous avons repris notre marche en suivant le GR 60 par le sud du village et en nous retrouvant rapidement dans la forêt. C’est quelques kilomètres plus loin que nous avons quitté la Lozère pour entrer dans le Gard et officiellement dans le Parc National des Cévennes. À travers la forêt, nous avons rejoint le village de Saint-Sauveur-Camprieu, indiqué « Camprieu » sur les panneaux signalétiques des randonnées.

⚠️ Attention, à partir du moment où l’on entre dans le Gard et le Parc National des Cévennes, l’écusson du Chemin de Saint-Guilhem, que l’on voit régulièrement depuis le début du trek, devient moins présent. Suivez le topo ou la trace GPX que vous pouvez trouver sur le site d’Helloways pour bien vous repérer sur les sentiers. Plusieurs chemins se croisent et se séparent. Il serait dommage de vous perdre.

La vallée du Bonheur nous ouvre ses bras jusqu’au col de la Serreyrède

Après une micro-pause au bord du lac de Saint-Sauveur-Camprieu, nous avons marché à travers la vallée du Bonheur, un très joli nom donné au cours d’eau qui traverse la vallée. Ça fait rêver n’est-ce pas ? 😁 Nous sommes ensuite montées dans les sous bois jusqu’au le col de la Serreyrède où nous avons rejoint le GR 7.

⚠️ Nous avons personnellement un peu galéré au niveau du col pour trouver le bon sentier parmi les différentes possibilités car des travaux ont été faits sur le bord de la route et le début du sentier du GR 7 avait été détruit. Ne vous inquiétez donc pas si ça vous arrive aussi, le sentier est bien juste au-dessus de la route, il suffit de suivre les indications du tracé.

Notre premier orage sur le Chemin de Saint-Guilhem

Après quelques kilomètres de marche seulement, nous avons rejoint L’Espérou où nous sommes allées boire une bière locale en attendant que l’épicerie ouvre pour que l’on puisse se ravitailler. Nous avions prévu d’aller au camping du village cette nuit-là, mais un orage ayant éclaté au moment même où nous quittions le bar, nous nous sommes réfugiées à la dernière minute dans un gîte d’étape qui avait encore de la place au moment où nous avons appelé. Nous avons donc pu prendre une bonne douche, recharger les batteries de nos équipements, manger au chaud et dormir dans un bon lit.

Étape 11 : De L’Espérou jusqu’au gîte d’étape du Quintanel

Le début d’une très longue journée de randonnée

Nous ne savions pas encore, au moment où nous avons quitté le village de L’Espérou, que cette journée allait être la plus difficile du trek pour nous. Nous sommes parties tôt pour profiter de la fraicheur du matin et du lever du soleil. Nous avons vu les premiers rayons du soleil traverser les légers nuages de brumes au-dessus des champs et des ruisseaux, c’était magnifique. Nous nous sommes ensuite enfoncées dans la forêt avant d’entamer la longue descente vers Aulas (où nous avons pu nous ravitailler en eau) puis vers la petite ville gardoise du Vigan. Nous avons longé la rivière de l’Arre, qui semblait très agréable pour se baigner, jusqu’à Avèze où nous avons fait une pause avant d’entamer la longue montée du jour.

Quand nos espoirs de bivouac s’envolent… Et notre plan de repli aussi

Nous espérions, mais sans aucune certitude, pouvoir planter la tente quelque part dans la montée entre Avèze et Montdardier, ce qui s’est avéré impossible, le terrain étant impraticable pour le bivouac, puis nous étions ensuite sur des terrains privés. Nous avons donc poussé jusqu’au village de Montdardier où nous avions bien repéré que le camping municipal était encore ouvert jusqu’à fin septembre. Il s’est avéré qu’une fois à Montdardier, le camping était fermé à cause d’un problème technique. Malgré plusieurs tentatives pour trouver une solution de repli, un potentiel gîte d’étape ou un autre camping aux alentours, le résultat est sans appel. Nous sommes au milieu de nul part et rien n’est ouvert. Nous n’avions pas le choix que de continuer de marcher alors que nous en étions déjà à 29 kilomètres parcourus dans la journée. C’est donc le moral dans les chaussettes fumantes que nous avons repris notre route.

À la recherche désespérée d’un spot de bivouac

Nous avions vraiment l’espoir de trouver un spot de bivouac sur le bord du chemin, mais impossible, les terrains privés clôturés par du fil barbelé nous encadrent sur des kilomètres et des kilomètres. Et quand bien même nous aurions voulu outrepasser ces barbelés en désespoir de cause, le terrain était impraticable pour poser une tente. Il n’y avait que de la rocaille partout. Alors que le soleil commençait à baisser et que l’espoir commençait à nous abandonner, nous avons enfin trouvé un bout de champ où nous pouvions dormir à la belle étoile pour ne pas nous faire repérer avec la tente. Quelques minutes après avoir pris la décision de rester là, alors que la nuit commençait à tomber, nous commençons à entendre le grognement d’un sanglier dans les fourrés juste derrière nous. Épuisées par cette éprouvante journée, nous avons craqué et appelé un gîte d’étape qui se trouvait le plus proche de nous (en réalité bien loin si nous avions dû y aller à pied) et il s’est avéré qu’ils avaient de la place et surtout que le gérant qui nous a répondu était à 3 minutes de nous en voiture et qu’il pouvait nous récupérer pour nous emmener jusqu’à chez lui. Nous avons été très bien accueillies par Sophie et Robin au gîte d’étape du Quintanel et nous les remercions grandement pour cela !! 🙏🏼

Étape 12 : Du Quintanel jusqu’à Les Natges

Direction l’impressionnant Cirque de Navacelles, classé Grand Site de France

Après une bonne nuit régénératrice, nous sommes parties du hameau du Quintanel vers 8h30 et nous avons rejoint le GR 7 directement à Blandas, ce qui s’avérait plus direct pour nous que de rejoindre le lieu où nous avons retrouvé Robin la veille. À Blandas, il nous restait environ 1 km avant de rejoindre la Maison de Site du Cirque de Navacelles où nous avons pris le temps d’observer la vue imprenable sur les Gorges de la Vis et sur le Cirque de Navacelles lui-même. C’est dans ces moments-là que l’on réalise que la nature est vraiment incroyable et puissante.

Descente dans les profondeurs du Cirque de Navacelles

Au départ de la Maison du Site, deux options du GR sont possibles. Soit on prend une portion de route (il y a suffisamment d’espace pour marcher sur le bord de la route sans danger), soit on prendre une portion sportive et délicate passant par des pierriers et de fortes pentes. Fatiguées de nos 35 kilomètres de la vieille, nous avons opté pour la portion de route qui s’avérait bien plus simple. Nous avons retrouvé un sentier quelques virages plus bas et une fois arrivées au cœur du Cirque de Navacelles, nous avons pleinement profité de la rivière de la Vis pour rafraichir nos pieds échauffés par la randonnée.

Traversée des vertigineuses Gorges de la Vis

Nous avons ensuite repris notre chemin, nous sommes sorties du Cirque et avons traversé une partie des Gorges de la Vis en suivant un aqueduc pendant quelques kilomètres. Le sentier est très agréable, plutôt plat et offre une vue imprenable sur les gorges. Nous sommes si minuscules face à la nature. Nous marchons en gardant en tête qu’il va bien falloir mouiller le t-shirt à un moment pour retrouver la surface de ces profondes gorges dans lesquels nous nous trouvons. C’est donc sans surprise que nous attaquons la dernière montée difficile de cette randonnée du Chemin de Saint-Guilhem, montée qui nous a permis de rejoindre le village de Saint-Maurice-de-Navacelles où il nous a été possible de nous ravitailler en eau et de faire une pause au snack du village.

Dernier bivouac sous l’orage

À partir du village, nous quittons le GR 7 pour prendre le GR 74 en direction de Saint-Guilhem-le-Désert, enfin !! Nous avons personnellement marché encore pas mal de kilomètres, traversé les lieux-dits Le Ranquet et Le Ranquas pour rejoindre Les Natges où nous avons planté la tente près d’une exploitation après avoir demandé l’autorisation à l’agriculteur. Nous préférions être proches d’habitations car le premier épisode cévenol pointait son nez, c’est-à-dire fortes pluies et orage. En cas de problème, nous n’étions donc pas au milieu de nul part sans personnes aux alentours. Sans grande surprise, nous avons eu de fortes bourasques de vent, de la pluie et des orages toute la nuit, c’était une misère. D’autant plus lorsque le terrain est trop dur pour réussir à planter les sardines de la tente et que nous avons une tente non-autoportante (donc qui nécessite les sardines pour tenir debout). Il nous a donc fallu sortir à plusieurs reprises sous la pluie pour re-coincer une sardine qui sautait malgré les cailloux que nous avions mis et prier à chaque bourrasque pour que la tente tienne.

Étape 13 : Des Natges jusqu’à Saint-Guilhem-le-Désert

Traversée de la forêt domaniale de Saint-Guilhem-le-Désert

Au petit matin de ce dernier jour, après avoir passé une nuit épouvantable et fatigante, nous avons remballé la tente trempée et dégueulasse de terre et nous avons repris la route à travers la brume et une petite pluie. Une végétation basse et méditerranéenne commençait à se montrer. Nous avons traversé des forêts de buis, un buisson bas et très joli, nous faisant penser à un labyrinthe, puis nous avons rejoint la forêt domaniale de Saint-Guilhem-le-Désert.

Passage du col du cap de Ginestet pour attaquer nos derniers kilomètres

Nous remontons jusqu’au col du cap de Ginestet à travers une forêt enchanteresse de pins de Salzmann, très caractéristiques et rares, puis passons sur un autre versant où le paysage change quelque peu pour laisser place à des rochers ruiniformes. Nous attaquons la descente vers notre point d’arrivée final de cette randonnée de 243 kilomètres avec comme seule vue la brume sur toute la vallée.

Faire les deux derniers kilomètres du Chemin de Saint-Guilhem sous la pluie

Alors que Candie, connaissant déjà le coin, savait que nous n’étions plus très loin du village de Saint-Guilhem-le-Désert et que le temps semblait se dégager un peu, nous avons pris un instant pour déguster quelques arbouses bien mûres. Malheureusement pour nous, le temps a vite tourné et nous avons marché les deux derniers kilomètres jusqu’au village sous une pluie battante. Nous sommes arrivées trempées au refuge CAF où nous avions réservé la nuit. Bien accueillies au refuge, nous avons pris un bon repas au snack en dessous et une bonne douche avant de faire sécher nos affaires au coin de la cheminée.

Nous gardons globalement un très bon souvenir de ce Chemin de Saint-Guilhem malgré les difficultés que nous avons rencontrées sur les sentiers, notamment en ce qui concerne le bivouac. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous ne conseillons pas de faire cette randonnée itinérante en bivouac et de plutôt prévoir le budget nécessaire pour réserver vos nuits dans des gîtes d’étapes. Cette randonnée nous a, bien sûr, donné envie de continuer à découvrir notre belle France à pied. Nous avons la chance de vivre dans un pays qui regorge de paysages tous plus incroyables et variés les uns que les autres.

Recommandations, règlementations et informations complémentaires sur le Chemin de Saint-Guilhem

Les règles du bivouac sur le Chemin de Saint-Guilhem

Il n’est pas simple de faire du bivouac sur le Chemin de Saint-Guilhem. Tout d’abord, la plupart des terrains aux abords des chemins sont privés et fermés par des fils barbelés, et ce tout au long du chemin. Il est encore possible de trouver de bons spots sur la première partie de l’itinéraire, en Lozère, mais une fois que l’on arrive dans le Gard, après le Parc National des Cévennes, les choses se corsent, car le terrain devient très rocailleux et il est difficile, voire impossible, de planter la tente. Il y a quelques campings, mais attention, certains ouvrent tard (pas avant juin) et ferment tôt (septembre).

La randonnée taversant plusieurs parcs naturels, il n’est également pas autorisé de planter sa tente n’importe où. Par exemple, dans le parc des Cévennes, il existe différentes règles en fonction d’où vous vous trouvez dans le parc. Nous vous invitons à faire un tour sur ce lien pour connaître les zones précises où le bivouac est réglementé voire interdit.

Les Parcs Nationaux et Régionaux

Nous croisons plusieurs parcs nationaux et régionaux au cours du Chemin de Saint-Guilhem. Nous pensons notamment au Parc Naturel Régional de l’Aubrac ou encore au Parc National des Cévennes. Il est donc nécessaire dans ces zones de respecter les réglementations en vigueur et les indications qui sont données sur les sentiers.

Est-il possible de faire cette randonnée avec son chien ?

Plusieurs portions sont interdites aux chiens sur le Chemin de Saint-Guilhem, c’est le cas de toutes les portions où le sentier traverse des pâturages dont les propriétaires laissent gracieusement le droit de passage aux randonneurs. Pensez à vérifier les variantes et à ajuster vos étapes si vous voulez faire cette randonnée itinérante avec votre compagnon à quatre pattes.

Retrouvez des informations complémentaires sur le site de l’association du Chemin de Saint-Guilhem.

Nous espérons sincèrement que cet article vous aura donné envie de partir arpenter le Chemin de Saint-Guilhem. C’est une randonnée en somme relativement accessible qui offre tout de même aux randonneurs quelques beaux challenges. Les points de vue et les rencontres, humaines et animales, valent également la peine d’envisager de découvrir cette randonnée itinérante de seulement 13 jours.

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Les Géonautrices

Nous sommes Enora et Candie, Les Géonautrices… Passionnées de trekking et de voyage, mais aussi de nature et d'écologie, nous mettons tout en œuvre pour partager avec vous nos retours d'expériences sur les sentiers en France et à l'étranger... Vous pouvez également trouver sur ce blog notre philosophie sur le voyage responsable et le tourisme durable et quelques autres trucs et astuces qui pourraient vous être bien utiles !

Cet article a 10 commentaires

  1. Avatar
    Clara

    De cette aventure je me rappelle très bien vos Stories de bivouac galère ! Le résultat est vraiment top, bravo pour ces photos et ce reportage très complet.

    1. Candie
      Candie

      Salut Clara,
      J’avoue que ces épisodes de bivouac étaient folklo !
      Merci pour ton passage par ici et pour ton commentaire !!

  2. Avatar
    Morgane

    Quel article complet et que de jolies photos 🙂 Je n’ai jamais fait de randonnées mais ton récit me donne vraiment envie de tenter l’expérience pour quelques jours ! Ça doit être une toute autre approche du voyage et de la nature et je pense que ça doit faire le plus grand bien à l’esprit et au corps !

    1. Enora
      Enora

      Hello Morgane ! Merci beaucoup ! Effectivement, la rando apporte une approche vraiment différente du voyage et de la nature. Ça permet de ralentir le rythme et de se reconnecter à la nature et l’environnement qui nous entoure. On oublie un peu la complexité de nos vies pour revenir à des basiques et ça fait un bien fou ! 🙂 Surtout lorsqu’on traverse des paysages grandioses ! Je ne peux que te conseiller de tenter l’expérience un jour en commençant par quelques jours pour t’habituer et te tester.

  3. Avatar
    Laura

    Coucou,

    Oh wow ça devait être chouette ! J’adorerais faire ça, mais est-ce que j’y arriverais, je ne sais pas !
    Notamment dormir en tente, j’aime bien, mais j’ai toujours peur qu’un cinglé vienne nous importuner la nuit…..(oui, faut que j’arrête les films d’horreurs !).

    Belle journée,
    Laura – Happy Lobster

    1. Enora
      Enora

      Hello Laura ! C’était vraiment une belle rando en terme de paysages ! 🙂 Si tu ne te sens pas à l’aise avec le fait de dormir en tente, tu peux toujours prévoir de dormir en gîte d’étape. 🙂 Et puis, même si on comprend complètement ta peur irrationnelle du cinglé puisque ça nous arrive aussi d’avoir cette crainte dans un coin de notre tête, il faut savoir qu’en faisant attention où on pose la tente, en se faisant dicrètes et en plantant la tente au coucher du soleil puis en décampant tôt le matin, les risques sont minimes. Mais les peurs ne sont pas toujours simples à contrôler. 🙂

      Belle journée à toi également et merci de ton passage par ici ! 🙂

  4. Avatar
    MONTEBELLO Jean-Pierre

    Bonsoir, j’ai l’intention de faire le chemin de Saint Guilhem au printemps 2021 si le covis19 le permet. Je vais le faire avec mon petits fis 15 ans et je voudrais savoir si je peux prendre un chariot genre carix . Merci de votre réponse

    1. Enora
      Enora

      Bonjour Jean-Pierre ! Je pense que cette rando est faisable avec un carrix mais je ne suis pas du tout une connaisseuse de ces chariots et de ce que ça implique sur le terrain. Au cas où, demandez l’avis également à l’association du Chemin de St-Guilhem à cette adresse : http://www.chemin-st-guilhem.fr/accueil/. D’une manière générale, les sentiers sont facilement praticables. Il y a certains passages, comme les passages de petites échelles permettant d’entrer dans des pâturages sans risquer de faire sortir les vaches, qui demanderont de passer le carrix d’un côté à l’autre en le portant.

  5. Avatar

    Merci Enora je vais commencer à préparer cette randonnée et a faire connaitre ce plaisir à mon petit fils.

    1. Enora
      Enora

      Super ! Je vous souhaite une bonne préparation et une excellente rando par la suite avec votre petit fils ! 🙂

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