Le GR®3, la Loire sauvage à pied, sur 1300 km. Sandrine nous livre son aventure solo !

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post last modified:8 mars 2022
You are currently viewing Le GR®3, la Loire sauvage à pied, sur 1300 km. Sandrine nous livre son aventure solo !

C’est Sandrine que nous accueillons aujourd’hui sur le blog ! Sandrine a parcouru le GR® 3, aussi connu sous le nom de la « Loire sauvage à pied » ou le « Sentier de la Loire », 1300 kilomètres entre Mont Gerbier-de-Jonc, en Ardèche, jusqu’à La Baule, sur la côte Atlantique.
C’est toujours un plaisir pour nous de mettre en lumière l’expérience de ces femmes qui partent seules sur de longs itinéraires, pour montrer que c’est accessible à toutes celles qui souhaitent se lancer.

Peux-tu te présenter rapidement ?

Je m’appelle Sandrine, j’ai 55 ans et je suis enseignante formatrice pour l’AEFE (Agence des Établissements Français à l’Étranger) à Madagascar depuis 2 ans.

Quel est ton parcours de randonneuse et comment as-tu commencé la randonnée ?

Mon père était scout et il le reste à plus de 84 ans ! Il m’a donné le goût de la marche, du bivouac et de la nature. J’ai également passé 20 ans de ma vie à cheval : ces longs parcours à cheval durant l’été se faisaient souvent à pied à ses côtés… J’ai également une passion pour les cartes IGN.

Parle-nous de la randonnée que tu as faite : quel itinéraire as-tu réalisé, combien de temps et combien de kilomètres as-tu marché ?

J’ai parcouru l’intégralité du GR® 3 en trois étapes (un petit mois chaque été) au départ du Mont Gerbier-de-Jonc, où la Loire prend sa source, jusqu’à la station de La Baule les Pins, en Loire-Atlantique…

La Loire fait un peu plus de 1000 km et comme le GR® 3 la suit presque tout le temps, plus des détours (comme le tour du marais de Brière), il est donc un peu plus long de 300 kilomètres par rapport au fleuve.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer dans cette aventure ?

J’avais besoin de faire le point à l’aube de ma 3ème vie, la passion des fleuves (j’étais déjà tombée en amour du Saint-Laurent au Québec), faire le point sur mon travail (j’occupais le même poste, certes passionnant, depuis 10 ans : conseillère pédagogique pour la scolarisation des élèves en situation de handicap).
Courir les marathons m’avait sorti d’une phase dépressive et depuis je sentais s’émousser en moi cette confiance et cette ardeur.

La moyenne montagne, dans des zones où l’on côtoie des plus hautes altitudes et/ou qui sont plus encaissées et abruptes, m’oppresse de deux façons : l’altitude et le monde, le GR® 3 était donc parfait pour moi qui apprécie beaucoup le monde rural.

Comment t’es-tu préparée à un tel périple (physiquement, matériellement, psychologiquement, logistiquement) ?

Nouvelle région, nouvelle vie

Ça faisait une dizaine d’années que j’avais quitté les Vosges pour aller dans la Drôme. Depuis, tous mes weekends ont été consacrés à des circuits de 5-6h en Drôme ou en Ardèche. J’ai épluché tous les topos guides des deux départements. Je connaissais mieux la région que mes collègues natifs ! Avec ma fille et des amis, nous faisions également toutes les randonnées organisées par des associations, découvrant ainsi de nouveaux chemins ouverts pour l’occasion et dégustant les produits du terroir !

Inspirée des récits d’aventuriers

J’adore les récits d’aventuriers : Christopher Knight, « Le dernier ermite », Bernard Olivier et sa route de la soie, Robyn Davidson et son camel trip, Bill Bryson traversant les Appalaches, Sarah Marquis et plein d’autres. Sylvain Tesson étant mon préféré pour son style littéraire plein de poésie.

Les films et les livres : Wild, Promenons-nous dans les bois et Into the wild m’ont décidé. J’étais rassurée sur un point : je n’allais pas croiser des cougars ou des ours et mourir de faim !

Avec quel matériel ?

Matériellement, j’avais un sac Deuter Futura Pro femme de 40 L. Je portais une douzaine de kilos, l’eau en plus. Le plus lourd étant ma popote pour me faire un café quoiqu’il arrive (je suis une grande amatrice de café et le plaisir de s’en faire un dans un endroit magique, seule au monde est inouï) !
Le choix des chaussures a été plus compliqué : ne pouvant porter de chaussures montantes, j’avais choisi des chaussures basses mais assez rigides pour la première étape en moyenne montagne :  de Mont Gerbier à Bourbon Lancy. Ça a été un enfer ! J’ai failli abandonner arrivée au Puy-en-Velay à cause de mégas ampoules puis de crampes. J’ai parcouru les deux autres étapes avec des chaussures de trail gore-tex, complètement élimées à la fin du mois de marche mais bien plus adaptées. J’avais ajouté à ma trousse à pharmacie une seringue à insuline pour les percer au besoin.

Et l’organisation ?

Au niveau logistique, j’avais mes topos guides et des cartes IGN, une boussole, un bâton de marche – HYPER IMPORTANT pour plein de raisons – et mon téléphone servant principalement d’appareil photo et pour envoyer un SMS chaque jour à mes parents.

La première étape s’est faite sans tente car j’ai trouvé tout le long du parcours des gîtes d’étapes pour les pèlerins que je croisais en sens inverse. Pour les deux autres, je me suis acheté une tente MSR d’un 1kg200 et j’ai bien fait ! L’année après la première étape, j’ai relié Bourbon Lancy à Remiremont dans les Vosges soit 500 km sur le GR® 7 : je voulais faire une surprise pour les 80 ans de mon père. C’est là que j’ai acheté ma tente car je savais le GR® 7 désert sur cette portion.

Quand faut y aller…

Psychologiquement, je dois vous avouer que j’ai passé un bon quart d’heure dans les toilettes sèches du parc de Mont Gerbier tellement j’avais la trouille de partir. J’avais un opinel pour me rassurer !!

J’ai parcouru la première étape de 15km en un temps record puis j’ai dû attendre l’ouverture du gîte pour m’installer. Après cet épisode, je n’ai plus jamais eu de craintes, au contraire la confiance en moi a grimpé en flèche. Pour les étapes en ville, j’ai utilisé le site Couchsurfing. Sinon je me rassurais en ayant ma tente : camping municipal, gîte ou bivouac. Contrairement à Ariane (voir l’expérience d’Ariane sur le GR® 4), les femmes étaient plus méfiantes que les hommes… Je suis divorcée depuis 20 ans et j’ai constaté que les femmes mariées ne voyaient pas d’un bon œil des freemales comme moi, indépendantes… de tout.

Quel est ton meilleur souvenir de cette grande aventure ?

Difficile d’en choisir un seul, tellement il y en a eu de différents. Pour n’en citer que quelques-uns :

  • Lorsque je foule le sable de la plage de la Baule avec ma cadette qui m’avait rejointe pour les 100 derniers kilomètres ;
  • Repartir du Puy-en-Velay ayant su dépasser mes « petits bobos » ;
  • Les rencontres : Chantal, la robocop de la rando, Philippe Papy randonneur, une décoratrice de cinéma nichée au milieu du Forez, Eric un SDF intermittent de Compostelle, Etienne Etienne de la chanson… ;
  • Me baigner dans la Loire.

As-tu vécu des difficultés particulières durant cette randonnée ?

Quelques-unes :

  • Les ampoules-semelles… ;
  • Devoir redonner un petit chien, sans collier et qui m’a suivi durant 3 étapes, à son propriétaire ;
  • Échapper à un essaim.

Comment as-tu vécu la randonnée en tant que femme en solitaire ? T’es-tu déjà sentie en danger ?

« Vous n’avez pas peur ? » telle était la question que me posaient des femmes principalement. Oui, j’ai eu des frayeurs, des angoisses et encore heureux sinon j’aurais été inconsciente. La randonnée nous apprend à surmonter cela, parce que l’on n’a pas le choix ! Savoir que nos peurs nous posent en victime est très utile. 

La parole joue un grand rôle pour se défendre et arborer un autre rôle que celui d’une victime potentielle. Je constate malheureusement que plus cette expérience de randonnée solitaire s’éloigne, plus la victime en moi réapparait. La marche est donc un remède.

As-tu un conseil à donner à un futur randonneur qui voudrait se lancer dans un projet similaire au tien ?

Le conseil c’est choisir un GR : il vous sécurise au moins sur un point le trajet et surtout il est votre fil rouge ou d’ariane parfois. L’excellence du balisage (je tiens à le signaler !) vous permet de faire du « wash-machine » dans votre tête sans crainte de vous égarer (du moins au niveau topo !!). Enfin vous ne ratez aucune des merveilles géographiques sur le parcours même si parfois les détours vous gonflent !

As-tu un ou plusieurs conseil(s) à donner à une femme qui voudrait se lancer dans ses premières aventures de randonnée en solo ?

Commencer par parcourir seule les circuits les plus longs des topos guides de sa région sans GPS. S’offrir un sac bien adapté donc pensé pour des femmes. S’inscrire à un stage de self défense*.

*Sandrine cite l’association Titanes pour les femmes vivants dans la région de Valence. Renseignez-vous sur les associations et clubs près de chez vous ! 🙂

Pour finir, as-tu une prochaine aventure en prévision ?

Oui le GR® 4 dès cet été et peut-être la traversée de Madagascar d’est en ouest. Dès ma retraite, vivre en campervan et parcourir tous les topos guides de France !

Photos tous droits réservés à ©Sandrine.

Merci à Sandrine d’avoir partagé avec nous sa superbe expérience de randonneuse sur le GR® 3. De quoi donner envie à son tour de se lancer et sortir de sa zone de confort pour en ressortir encore plus forte ! On espère que ce témoignage vous aura inspiré !

Tu as envie de partager ton expérience de randonneuse avec d’autres ? Contacte-nous par e-mail ou sur nos réseaux sociaux. 😉

Vous êtes sur un article interview concernant l’expérience d’une randonneuse invitée sur le blog.

Cet article fait partie d’une série mettant en lumière les expériences diverses et variées de femmes randonneuses. Notre objectif à travers ces interviews est d’inspirer d’autres femmes à oser se lancer sur les sentiers et prendre confiance en elles. Si d’autres l’ont fait avant vous, alors pourquoi pas vous ? Vous êtes plus fortes que vous ne le croyez !

Vous pouvez retrouver l’ensemble des interviews et nos conseils spécifiques pour les femmes randonneuses dans la rubrique « La randonnée au féminin ». Nos conseils pour se lancer dans la randonnée sont également disponibles dans la rubrique « Débuter en randonnée ».

D’autres articles qui pourraient vous intéresser :

Inspiré(e) ? Épingle cet article sur Pinterest !

Randonner le long de la Loire, retour d'expérience de Sandrine en solo sur le GR3 en France. 1300km de marche
Randonner le long de la Loire, retour d'expérience de Sandrine en solo sur le GR3
La Loire sauvage à pied, interview de Sandrine en solo sur le GR3 en France.

Tu as aimé cet article ? N’hésite pas à le partager ! 😉

Candie

Salut, moi c'est Candie ! J'ai voyagé quelques années en backpacking et profité de quelques séjours d'expatriations qui m'ont apportés beaucoup de bonheur à travers les découvertes, les rencontres et l'apprentissage. Sensible à l'écologie et à la protection de notre environnement, j'ai mis de côté les voyages lointains pour profiter de la beauté de la nature proche de chez nous en favorisant les aventures outdoor à travers la randonnée pédestre, le VTT et autres sports de plein air.

La publication a un commentaire

  1. Génial ce retour d’expérience !

    Avec Johanna, on est de grands fans de randonnées. Moi un peu plus qu’elle, mais ça vient avant tout de mon éducation très « proche de la nature ».

    En ce moment, on aimerait faire le GR 223 (640km) qui débute à Honfleur et se termine au Mont-Saint-Michel.

    Cela dit, on va peut-être commencer par le GR 21 (195km) : du Tréport au Havre.

Laisser un commentaire