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Nouvelle littéraire – Trouver le temps

Trouver le temps
Comme pour Namaste, voici une nouvelle que j’ai écrite il y a quelques années déjà. Celle là a été écrite alors que j’étais dans une phase très prononcée où l’incivilité des gens et le non-respect quotidien me m’étaient hors de moi. Je ne le supporte toujours pas, mais je suis moins énervée 😉. L’écriture permet de le sortir de mon système ! ^^

 

Hier, comme chaque jour, je me suis levée, habillée et je suis partie au boulot. J’ai travaillé, souris à mon boss et à mes collègues. J’ai été polie et serviable, mais en fait, je bouillonnais de l’intérieur ! Je crois que j’ai atteint un point de non-retour. J’ai essayé de m’intégrer à la société, mais rien n’y fait, je suis pas capable ! Toute cette routine, cette manipulation qui vient de tous les bords, la haine et la violence, l’incivilité que je vois au quotidien, je n’en peux plus. Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? COMMENT en sommes-nous arrivés là ?

Je tourne en rond dans ma vie, dans cette vie-là en tout cas. Il ne doit pas y avoir que ça ! Il y a forcément autre chose ! Dites-moi qu’il y a autre chose !? Quelque chose qui me correspond. Une manière de vivre ma vie qui ne me ferait pas monter la colère chaque jour. Une vie où je n’aurais pas envie de balancer les ordures à la gueule du voisin qui les laisse trainer devant la porte du local-poubelle au lieu de les mettre dans les poubelles qui sont dans le local ! Bordel, ce connard à seulement une porte à ouvrir ! Il doit bien y avoir une vie où je ne me sentirais pas « out of place » comme je me sens ici au quotidien. Quand je regarde les gens dans la rue, tous ces gens qui sont sur leurs téléphones constamment, je me demande s’ils se souviennent de la couleur du ciel ? Et de celle des arbres ? Est-ce qu’ils connaissent l’odeur de la forêt ? La sensation de liberté qu’on peut avoir en haut d’une montagne ?

Aujourd’hui, comme chaque jour, je me suis levée, habillée et je suis partie au boulot… pour démissionner ! C’est fini, j’arrête ! J’arrête de faire semblant, semblant avec moi-même, semblant de tolérer l’intolérable, etc. D’ailleurs, pour commencer, je vais aller vider la poubelle du voisin dans sa voiture ! Il a juste à apprendre à fermer sa fenêtre (j’aurai trouvé une autre solution, mais c’était la plus facile.) et ne pas se croire tout seul. J’arrête de servir des cons chaque jour, je rends mon tablier. Mon patron va être surpris. Et oui, la petite Émilie qui ferme toujours sa gueule, qui fait ce qu’on lui demande sans rechigner (extérieurement), etc ; oui oui, elle est vivante ! Bien vivante quand elle veut ! Elle a juste emmagasiné longtemps pour tout lâcher d’un coup ! Apparemment c’est pas le mieux, mais c’est comme ça. Bye bye boss ! Bye bye and see you NEVER ! FUCK THAT SHIT, I QUIT !

***

J’ai sauté dans un train pour aller voir mes parents. Ma mère va grincer des dents quand je vais leur parler de mon projet, mais j’espère juste qu’elle comprendra que je n’ai plus le choix. Comme dit Goldman : « Je te perdrai peut-être là-bas […] Mais je me perds si je reste là ».

***

Verdict : la conversation a été tendue. Ma mère a réagi comme je le redoutais en me parlant sécurité et en sortant l’artillerie lourde : ses larmes. Elle a même utilisé l’argument culpabilité n°1 : « Tu es ma fille unique, je n’ai pas pu avoir d’autres enfants ». Et bam, dans ma gueule ! Heureusement que mon père, toujours mon héros, a réussit à calmer le jeu, à calmer ma mère quoi… A nous deux on a réussit à lui faire comprendre que c’était ça ou j’allais plus pouvoir suivre le rythme demandé pour survivre à la société… En partant, mon père m’a serré dans ses bras en me disant qu’il serait toujours là pour moi et que j’avais un beau projet à mener à terme. Il m’a dit de faire attention, mais de vivre à fond cette aventure que j’allais rencontrer dans quelques jours.

***

Ça fait maintenant 6 mois que je suis en Asie, 6 mois de slow-travel, 6 mois de rencontres, d’expériences et d’aventures. J’ai commencé par la Birmanie, suivit de la classique Thaïlande puis je suis allée au Cambodge, au Laos et enfin au Vietnam. J’ai vu ce qui devait être vu : les temples de Bagan, de Chiang Mai ou encore d’Angkor. J’ai vu le Plateau des Bolovens et la Baie d’Halong, mais ce que je retiens le plus (en plus des paysages magnifiques), ce qui m’a le plus émerveillé, ce sont les rencontres dans des endroits retirés. Ces rencontres au cours du voyage qui m’ont réconcilié avec la nature humaine. Qui m’ont permis de comprendre que l’humain est fondamentalement bon, mais qu’effectivement, la société le rend mauvais, méchant et incivilisé. C’est le comble quand on y pense, être si peu civilisé dans la civilisation et pourtant, c’est tellement logique que cet engrenage dans lequel nous sommes lancé détruit ce qui est bon en nous avec le stress, la compétition, la culpabilité que les politiques et les médias nous mettent sur le dos… Nous ne sommes pas fait pour subir tout ça. Nous sommes fait pour vivre tout simplement ! Ces gens que j’ai rencontrés me font penser à cette histoire :

Un jour, un pêcheur se reposait tranquillement sur une plage magnifique avec sa canne à pêche plantée dans le sable et sa ligne solitaire tendue dans une eau bleue magnifique. Il se prélassait dans la chaleur de l’après-midi et attendait d’attraper un poisson.

À ce moment là, un homme d’affaires vint sur la plage, essayant de décompresser de sa journée de travail stressante. Il remarqua alors le pêcheur assis sur la plage et décida de trouver pourquoi ce dernier pêchait au lieu d’aller travailler pour lui et sa famille.

« Vous n’allez pas attraper beaucoup de poissons de cette manière » dit l’homme d’affaires au pêcheur « vous devriez travailler au lieu de vous reposer sur la plage ».

Le pêcheur regarda l’homme d’affaires, sourit et lui répondit : « Et qu’est-ce que j’y gagnerai ? »
« Et bien, vous pouvez utiliser de plus grands filets et attrapez plus de poissons ! » répliqua l’homme d’affaires.
« Et qu’est-ce que j’y gagnerai ? » répondit le pêcheur, toujours souriant.
L’homme d’affaires répondit : « Vous feriez beaucoup d’argent et vous seriez en mesure d’acheter un bateau qui résulterait par de plus grosses prises de poissons ».
« Et qu’est ce que j’y gagnerai ? » répondit le pêcheur à nouveau.
L’homme d’affaires commença à être de plus en plus irrité par la question du pêcheur.
« Vous pouvez acheter un bateau encore plus gros, embaucher des gens qui travaillent pour vous » dit-il.
« Et qu’est-ce que j’y gagnerai ? » répéta le pêcheur.
L’homme d’affaires se mit en colère « Ne comprenez-vous pas ? Vous pouvez agrandir votre flotte de bateaux de pêche, parcourir le monde entier et laisser vos employés attraper du poisson pour vous ! ».
Encore une fois, le pêcheur demanda, « Et qu’est ce que j’y gagnerai ? »
L’homme d’affaires devint fou de rage et cria sur le pêcheur : « Ne comprenez vous pas que vous seriez si riche que vous n’auriez plus à travailler de votre vie ! Vous pourriez alors passer le reste de votre vie assis sur la plage à regarder le coucher du soleil. Vous n’aurez plus à vous préoccuper du monde ! ».
Le pêcheur, toujours souriant, le fixa, acquiesça et dit « Et à votre avis que suis-je en train de faire maintenant ? »
Il regarda alors le coucher du soleil, avec sa ligne dans l’eau, sans se préoccuper du monde.

J’en conclu que pour vivre heureux, il faut vivre simplement et retrouver la lenteur qui permet d’apprécier les moments présents. Je n’étais pas heureuse, je n’étais pas moi-même, je n’étais pas présente à moi-même ou à mon environnement. Le voyage m’aura permis de me retrouver et de comprendre tout ça. Il m’aura permis de retrouver le temps et apprécier la vie.

 


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Candie

Je voyage depuis des années, voyage au long court en backpacking, voyages courts près de chez moi, expatriations, et je ne m'en lasse pas ! Ce qui me fait vibrer dans tout ça : la nature et les rencontres !
Mais aujourd'hui, la planète est en danger et nous sommes tous responsables. Mon but est donc de partager et d'échanger pour qu'ensemble on se dirige vers un tourisme éco-responsable et un plus grand respect de notre habitat, Terre Mère.
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