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Carnet de voyageCoin fiction

Namasté

India Namaste

J’ai écris, il y a de ça quelques temps, une nouvelle qui est dans le thème du voyage et de la découverte de soi. Je la partage donc sur notre blog pour vous la faire découvrir. N’hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé… Je vous remercie !! 🙂

 

Et voilà, je suis encore en retard. Je ne sais pas comment je fais… Enfin si, je sais comment je fais pour être en retard, mais pourquoi est-ce que, malgré mes efforts, je suis encore et toujours en retard ? Je ne comprends pas…

Enfin bref, je me dépêche sinon mon patron va encore me brasser… «Je m’habille direct, je prendrai ma douche ce soir, je fini d’lasser mes chaussures dans les escaliers, j’ai besoin d’air, besoin de liberté… ». Génial, je me mets à chanter du Tonton David maintenant. Va p’t’être falloir que je consulte… ou que je regarde un Indien dans la Ville ce soir… Au choix, on verra bien… Ça se vaut de toute façon.

En attendant je cours jusqu’à ma voiture (en espérant qu’elle démarre) pour vite aller au taf. J’arrive en retard, bien sûr, après avoir trouvé une place à l’autre bout du quartier. Quand je passe la porte, je vois Gabi qui me lance un coup d’œil du genre… J’en sais rien en fait de quel genre…

– Le boss veut te voir à l’arrière.
– Fuck !

J’y vais, penaude, cherchant une quelconque excuse, mais je réalise que je ne sais pas vraiment ce qu’il me veut alors je lâche l’affaire. Quand il me voit, il désigne la chaise près du mur, mais je ne bouge pas et croise les bras devant ma poitrine. Je veux lui prouver avec cette posture que quoi qu’il dise, je n’ai pas peur… Si seulement c’était vrai… Et puis ce n’est même pas que j’ai peur ou pas peur… Disons que je ne veux pas qu’il voit mon incertitude à ce moment-là…

Hé ho, stop, moment présent ! Reviens dans le moment présent ! Je le vois qui me regarde comme si je venais d’une autre planète… En fait c’est ça ! Je ne viens peut-être pas de la Terre mais je ne le sais pas. Ça répondrait à beaucoup de questions en tout cas. Peut-être c’est pour ça que… Wow, moment présent putain ! Je dois être en train de virer rouge vu la direction que mes pensées prenaient… Il faut que je trouve un moyen pour tenir mon mental en laisse, ça ne va plus.

Au taf… Le boss… Devant moi… Une grande inspiration… OK, je suis ici et maintenant !

– Ça va ?, me demande-t-il gentiment.

Mais il est fou lui de me parler comme ça quand je m’attends au pire. Maintenant je ne sais plus quoi dire…

– Euh… Ouais ?!
– Est-ce que tu veux qu’on change tes horaires ?
– Pourquoi ?
– Cam, t’es toujours en retard !
– Et vous voulez juste changer mes horaires ?

Tu bosses bien, les clients t’aiment bien et moi aussi. Notre seul souci à tous, c’est que t’es incapable d’être à l’heure. Alors veux-tu, oui ou non, qu’on échange tes horaires avec quelqu’un d’autre pour que tu gardes ton emploi ?

Pourquoi je ne saute pas de joie ? Pourquoi je suis même déçue qu’il veuille me garder ? Mais qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? Et à ce moment, quelque chose de plus puissant que moi prend le dessus et je m’entends dire :

– Non, c’est bon, merci.

Le boss m’observe avec étonnement, mais je mettrais ma main au feu que je dois arborer à peu près la même expression que lui.

– Tu ne veux pas garder ton poste ?
– Nope !
– Pourquoi ?
– Ça m’a gavé, c’est pas constructif.

Mais ta gueule ! J’écarquille les yeux et place mes mains devant ma bouche rapidement pour me faire taire… Bordel ! S’il me pensait saine d’esprit avant, ça ne doit plus être le cas maintenant… Ses sourcils sont froncés et ses yeux sont fixés sur moi. Je ne sais plus ou me mettre. Et là, bien entendue, mon « instinct », « intuition » ou peu importe ce qui parlait pour moi tantôt, m’a déserté en me laissant me dépêtrer seule.

– C’est… euh… sympa de votre part… mais… euh… enfin, vous voyez…

Bon, très bien, on voit que je maitrise totalement. Et puis c’est clair qu’avec la tête de paumé qu’il me présente il voit très bien où je veux en venir… Allez, j’essaie de rattraper le coup avec quelque chose de plus intelligent…

– Bon bah merci !

Ça c’était recherché, bravo ! Je pense que ça suffira comme ça. Je lui tends la main, qu’il serre, la perplexité le rendant robotique, puis je fais un repli stratégique vers la sortie sans oublier le petit salut militaire. Nan mais pourquoi j’ai fais ça, sérieux ?! Mais ça ne va pas bien dans ma tête !

 

Je sors du restaurant, me sentant libre… Enfin libre, plus ou moins… Libre de ce job en tout cas… Mais libre ? C’est quoi être libre ? Oh mais putain, j’en sais rien moi ce que ça veut dire ! C’est libre à l’interprétation…

J’analyse la situation tout en marchant tranquillement vers… nul part. Et oui, c’est ça quand on n’a rien… Je viens de plaquer mon job, je me suis faite larguer parce que, soit disant, je suis « hyperactive » (my ass !). Mais tais-toi mental ! On c’était dit qu’on arrêtait de penser à lui. J’ai lu un truc y a pas longtemps, une citation de Bouddha qui disait : « Vivons donc heureusement, sans haïr ceux qui nous haïssent. » S’il ne m’aimait pas assez et bien je ne vais pas gaspiller mon énergie pour lui. Je l’aimais, je l’aime, mais je ne m’accrocherai pas. Je veux être libre… Encore ce mot… On vient de dire qu’on lâchait l’affaire… Pffff… Je m’auto-désespère… Ou plutôt mon mental me désespère. Il faut que j’apprenne à le maîtriser…

Donc, ma situation : plus de boulot, célibataire, pas de contraintes familiales qui me retiennent ici, un appartement trop cher pour ce qu’il est et une voiture qui va bientôt me mourir dans les bras… En gros rien. J’ai RIEN ! Il faut que je réfléchisse à la suite… Je retourne à ma voiture, passe un coup de fil à une copine pour savoir si elle est chez elle. Elle me dit oui et je m’y arrête avant de rentrer chez moi. En temps normal, j’aurais choisi d’aller courir mais ce n’est pas un « temps normal » et je demande donc à ma copine de me filer de quoi fumer… J’ai toujours entendu mes amis me dire que ça les aide dans leurs réflexions (Mais bien sûr !). Disons que la fois où j’ai essayé, ça m’a plutôt brulé le cerveau au point que j’oubliais ce que je disais au milieu de mes phrases. Mais si je fais ça solo, ce sera peut-être différent (C’est ça… Qui j’essaie de convaincre ?). Je passe donc chez elle, on discute cinq minutes, elle me donne ce que j’ai « besoin » et je retourne à mon appart. J’allume le joint et le commence… Putain, c’est dégueulasse ce truc ! Je tire quelques lattes de plus… Laisse tomber ! Je l’écrase, dégoutée…

Je me mets à chantonner une chanson qui parle de voyages… Voyager ? Mais c’est ça ! Une ampoule s’allume dans mon cerveau, une case vient de s’éclairer… Je saute sur mon ordi pour checker mon compte en banque. J’ai de quoi faire pour un bon bout. Je regarde un atlas… Où aller ? Là où la vie est peu chère… Un endroit qui peut me sortir de ma zone de confort… Thaïlande ? Trop réputée, trop touristique… Malaisie ? Jamais entendue parler plus que ça… Inde ? Attirant… Bangladesh ? Pourquoi pas Vietnam ? Mmmh… Je fais quelques recherches et ma décision se pose sur l’Inde. Les commentaires des gens sont intéressants et beaucoup parlent de dépaysement total, de couleurs éclatantes, d’odeurs inconnues, ainsi que de ashrams, de méditation et de yoga… Ce serait peut-être une bonne chose pour mon cerveau hyperactif que d’apprendre à méditer. Je fais un arrêt sur le site des visas et fais ma demande… Quelques semaines d’attente… Parfait… Ça va me laisser le temps de faire ce qu’il faut pour rendre mon appartement, vendre ma voiture, laisser mes quelques affaires chez mes parents et dire au revoir à tout le monde…

 

Quatre semaines plus tard, je suis à l’aéroport avec mon passeport, mon visa et un gros sac à dos. Je suis prête pour l’aventure… Prête à tout laisser de côté pour vivre quelque chose de nouveau, d’enrichissant et probablement de… plus d’adjectifs auxquels je ne peux penser maintenant, mais que j’aurai trouvé d’ici la fin de mon voyage… Enfin, ceci est si je ne meurs pas avant dans un accident de tuk-tuk ou de bus… OMG ! Mais ils conduisent comme tes tarés… Mais qu’est-ce qui m’a prit ?… Respire… Ferme les yeux… Fais le vide… Je réalise que proche de la mort (ce n’est pas une exagération là de suite !), mon mental est un peu plus calme… Ça doit être pour ça que l’Inde est le pays de la méditation. Dès qu’ils sont sur leurs routes ils ne pensent pas tellement ils sont concentrés… ou terrifiés… Ça les plonge tous dans le moment présent… Oh putain, freine au lieu de gueuler ! Il va la tuer la vache ! Haaaaaaa… Mon cœur va me lâcher… Je ne suis définitivement plus dans ma zone de confort… Peut-être, et surtout j’espère, que je reviendrai vivante… Sur ce, Namasté… Que la paix soit avec vous… Ou au moins que la vie reste en vous…

 

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Je suis atteinte du syndrome aigu de la bougeotte et ayant la chance de voir plein de choses, je souhaite vous les partager.
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4 comments
  1. Amandine

    J’adooooooore votre blog !! Hyper inspirant, donne des tonnes d’idées !! Vraiment top les filles !! Félicitations ! Et continuez de nous faire rêver !

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